Publicité


Deux grands récits de raid cycliste réellement vécus :
d'abord la ROUTE DES GRANDES ALPES 2004
puis la TRAVERSEE DES PYRENEES 2006....
@TrèsBientôtWILL





LA ROUTE DES GRANDES ALPES 2004:
748 kms et 15875 m de dénivellé....



Un projet, une bande de bons copains, une même passion, l'envie de se surpasser et de repousser ses limites toujours un peu plus loin, un peu plus fort. Il n'en aura pas fallu plus pour ces 8 fous pédalants de la Tige de selle Fontenaysienne, un club Ufolep Valdoisien de région parisienne plus précisément, pour s'élancer sur le très difficile parcours de la Route des Grandes Alpes en juin 2004 où 748 kms et 15875 mètres de dénivelé positif les attendaient en 5 étapes.

Une aventure sportive et humaine d'où chacun s'est senti sortir plus fort qu'il n'en était entré. Ici nous je vous ferais découvrir la personnalité de ces huit fous pédalants, et ce que fut chacune de leur journée, leur joie, leur défaite, leurs bobos, leur doute, leur victoire... 

 Alors bonne lecture, et surtout faites nous savoir vos impressions sur ce raid dans les "commentaires".

LA ROUTE DES GRANDES ALPES : LE BILAN du raid 2004

Prélude…

 

   De gauche à droite : Bruno STENE, Wilfrid CORRE, Jacques DUMARQUEZ, Frédéric GUFFROY, Jean Michel BOURSEUL, Mario BIELLO, Christophe FERRY et Dimitri REPUSSEAU de la Tige de Selle FONTENAYSIENNE.

 

 Et voilà ! C’est fini…

L’euphorie est retombée, comme au matin d’une nuit où les rêves font place à la réalité du quotidien.Certes le réveil est dur, mais il est empreint d’une volute vaporeuse d’où se dégage la sensation d’avoir fait quelque chose de grand et de beau !

5 jours de bonheur exaltant envolés, mais gravés au plus profond de nos esprits et de nos cœurs. Des moments inoubliables, des images plein la tête, des paysages majestueux et grandioses, des anecdotes "à la pelle " et un périple à la hauteur de nos espérances et nos envies les plus folles.

5 jours fantastiques, où tous les sentiments qui peuvent être appréhendés dans notre sport se sont finalement révélés au grand jour : la souffrance physique et morale bien sûr, le doute, mais également la fierté et la joie d’y être, de participer et de partager des moments exaltants avec un groupe de copains extraordinaires, le courage et la volonté de se surpasser à chaque instant toujours un peu plus et tant de choses encore comme l’esprit de camaraderie et la solidarité exemplaire qui ne se sont jamais démenti du premier au dernier jour de notre aventure. Bravo les gars ! Nous revenons tous grandis d’une telle expérience, ça c’est sûr ! 

Tout cela nous ramène un an en arrière avec le projet d’une randonnée à travers les Alpes que MARIO nous soumet lors d’une réunion de club à Fontenay. Dépliants, photocopies et prospectus à l’appui, il était venu pour nous convaincre de la faire avec lui et de participer à une aventure humaine et sportive hors du commun. Il ne croyait pas si bien dire le fou parlant ! Dès lors, ce qui allait devenir "notre périple " se mettait en place doucement et allait mûrir petit à petit.

Au fil des semaines, sous l’impulsion de Super Mario et de ses certitudes sans faille, la Route Des Grandes Alpes Fontenaysienne 2004 prenait forme. Elle allait emporter avec elle, 8 fous pédalants (Mario, Jean Michel, Dimitri, Jacques, Christophe, Fred, Bruno et Wilfrid) prêts à en découdre sur les routes escarpées des Alpes, du Lac Léman à la Grande Bleue, avec un total final de 748 kms, 15875 mètres de dénivelé positif, 17 cols dont 5 à plus de 2000 mètres et seulement une vingtaine de kilomètres de route plate !

C’est le 19 juin 2004 que nous avons pris la route vers Thonon les Bains et les Alpes, point de départ de notre aventure : la Route Des Grandes Alpes 2004

 

de gauche à droite en commençant par le haut: Christophe FERRY (dit prof), Jean Michel BOURSEUL, Bruno STENE (l'angevin de service), Wilfrid CORRE (el cabrito votre narrateur), Frédéric GUFFROY (notre dévoué président), Dimitri REPUSSEAU, Jacques DUMARQUEZ, et pour terminer Mario BIELLO (dit Super Mario, l'instigateur du projet initial).

 

 

sOUVENIRS, SOUVENIRS quand tu nous tiens…

Samedi 19 juin, Thonon les Bains…   


 Dès notre arrivée l’accent est donné. Après un voyage prometteur tant l’ambiance est bonne, nous nous apprêtons à rendre visite à J.P. Guilloux, un ex de la TSF, qui est venu s’exiler sur les bords du Lac Léman pour gérer un restaurant. Son invitation n’est pas anodine et la soirée est à la hauteur de ce début d’aventure. Ambiance de folie, rigolade à n’en plus finir, musculation des "zygomatiques ", séances souvenirs de courses Ufolep, Bacchus (un vieux copain) est à table avec nous et tout se prête à la joie et à la bonne humeur. Une chose est certaine : nous sommes prêts psychologiquement à affronter les difficultés qui nous attendent ! En est il de même physiquement? L'avenir tout proche nous l'indiquera....

 

 

  Camionette et remorque chargées à bloc, la troupe s'en va de bon pas élayer les rocheuses Alpestres. L'ambiance est bonne dans le bus à impérial. Ici Kriss et Will dans leurs oeuvres..... 

                       @WILLOW 

                                         

 

 

LA ROUTE DES GRANDES ALPES 2004   (SUITE)

1ère étape  Dimanche 20 juin : Thonon les Bains - Arèches, 142 kms et 3300 mètres de dénivelé positif… 

Thonons les Bains, Col des Gets (37kms), cluses (59 kms), col de la Colombières (79 kms), la Clusaz (92 kms), col des Aravis (99 kms), notre Dame de Bellocombe (114 kms), col des Saisies (126 kms), Arèches l'Alpage (142 kms)

Une bonne nuit de sommeil malgré l’excitation générale, est revenu nous ravigoter après l’excellente soirée que nous venions de passer chez Jean Paul Le Guilloux sur les bords du Lac Léman. Quelle superbe première soirée, pleine d’entrains et pleine de projets… pour une aventure humaine et sportive que l’on avait pensée, analysé, disséqué, et mis en œuvre ensemble pour que ce défi nous mène au bout de nos rêves.

Au petit matin, très vite la volupté de la veille nous quitte et nous ramène à la réalité du terrain. S’organiser pour la première fois, pour notre première étape, et se concentrer pour ne rien oublier : bidons, nourriture, les protections en cas d’intempéries, le casque, la fiche technique du parcours … Et puis devant nous, notre première belle journée sportive à accomplir. 4 cols sont au programme de la journée : le col des Gets, le col de la Colombière, le col des Aravis, le col des Saisies, plus la montée sur Arèches en fin de parcours. 142 kms avec 3300 mètres de dénivelé positif….. on ne peut pas dire que ce sera une petite étape !

Même si les bons réflexes ne sont pas vraiment encore de mise, l’organisation de départ se fait sans trop d’encombres et dans la bonne humeur. Gonfler les vélos, récupérer les bons bidons, vérifier une dernière fois et rapidement nos machines, le va et vient des valises dans la camionnette…. La joie et le bonheur de participer à quelque chose d’unique nous " bouste " tous malgré le temps morose de ce début de journée.

C’est sous un ciel gris que nous donnons le départ de notre raid à 9h20 du centre ville de Thonon les Bains. La caravane prend la route suivi de notre assistance technique, absolument indispensable dans ce genre de raid.

On y reviendra mais il est sans dire que sans cette assistance, notre périple n’aurait pas eu du tout le même goût. C’est elle qui sert de logistique quotidienne pour tout ce qui est ravitaillement, passages de bidons, changement de roue si nécessaire, vestiaire ambulant avec les changements de températures incessants (notamment en haut des cols), photos et vidéo souvenirs, voiture balai pour les rescapés de la journée et quelques courses alimentaires quand il le faut. C’est elle également qui laisse planer ce sentiment de sécurité tout au long des étapes. On ne se sent jamais seul d’autant plus que l’on est tous relié par téléphone portable entre nous et avec la camionnette assistance en cas de problème. Pas le temps de chômer dans la camionnette, croyez moi. C’est un sacré boulot.

Si notre premier départ se fait donc sous un temps clément mais couvert, les trombes d’eau de ces dernières 24 heures et les températures en baisse jettent le doute dans l’esprit de certains. Mais très vite tout entre dans l’ordre et nous rencontrons un groupe de trois personnes qui vont faire le même délire que nous. Après une courte discussion pour relater nos objectifs communs, nous les quittons rapidement. Les niveaux sont différents, mais nous les retrouverons sur les routes dans les différentes étapes qui vont suivre…

Première montée sur les Gets et le ton est donné. Malgré une pente douce et régulière, le souffle et le cœur s’accélèrent et les braquets tombent : l’effort sera total tout au long de notre périple, ça est sûr. Après le regroupement traditionnel au sommet du col (37 kms), on lâche les chevaux pour effectuer la première descente. La route est belle, les courbes bien dessinées, tout laisse sous entendre que la descente sera d’enfer et que l’on va faire parler les watts. Manque de chance, un orage diluvien et instantané nous a rattrapé et nous effectuons notre 1ère plongée sous des trombes d’eau. Le temps d’une descente très humide et nous retrouvons le soleil dans la vallée à Taninges (49 kms), trempés jusqu’aux os. Il va falloir sécher tout ce beau monde ce soir !

La première grosse difficulté du raid se pointe à l’horizon : le col de la Colombière (79 kms). C’est ue chacun d’entre-nous va tester ce que seront "ses véritables aptitudes montagnardes" dans les cols à venir. 19,5 kms de montée, 1140 m de dénivelé et les 4,5 derniers kilomètres d’une escalade redoutable entre 9 et 10% à partir du lieu dit " le Reposoir " : de quoi surprendre tout le monde même les meilleurs grimpeurs. Si les premiers kilomètres sont effectivement à la portée de l’ensemble du groupe, les 5 derniers le sont beaucoup moins et au sommet on est tous unanimes : il va falloir gérer les ressources physiques car on y laisse des plumes à faire des montées comme celle là !

anecdote : au sommet du col se trouvait un chalet, que l’on voyait très bien du " Reposoir ", situé à environ 4.5 kms du sommet. Est ce l’effet de la 1ère montée en apnée ou de l’ivresse de l’altitude (ou tout simplement de l’ivresse persistante de la soirée de la veille?) toujours est il que la plupart d’entre-nous voyait le chalet s’éloigner au fur et à mesure que l’on était supposé s’en rapprocher ! Etait il monté sur roulettes ? La prochaine fois qu’on y retournera on y regardera à 2 fois, c’est promis, et on vous tiens au courant. Mais qu’est ce qu’elle a été dure cette première montée !

 

Après la descente effectuée à tombeau ouvert sur une route enfin sèche, Fred (notre conducteur jusque là) nous rejoint, remplacé par Dimitri au volant du minibus et de notre belle Rosalie de service (petite remorque).

La très belle traversée de Clusaz nous mène directement vers le col des Aravis (99 kms) puis vers le col des Saisies (126 kms). Ces deux cols de moindres envergures que le précédent, sont moins difficiles malgré des pourcentages oscillant entre 6 et 8%. Ils resteront dans nos esprits un très beau passage dans les Alpes du nord. La beauté de l’environnement, des villages et des habitations que l’on traverse est surprenante : tout y est propre et fleuri, et même les commerces, complètement intégrés dans le décor, sont étonnants d’originalité !

En fait nous arrivons très vite à Arêches (138 kms) point de chute de notre première étape. Arrivé à l’entrée d’arêches, Jacques nous fait l’honneur de la première crevaison.

Le temps d’un changement de roue et d’un regroupement général, un coup de téléphone au gérant du gîte où l’on va passer la nuit nous apprend qu’il faut emprunter un chemin forestier long de 9 kms et impraticable en vélo pour rejoindre le site de notre première nuit. Grâce à la gentillesse de Dimitri et à la pêche de Jean Michel, Bruno et Fred, le groupe se motive à nouveau pour accéder en deux voyages de camionnette à " l’Alpage " (nom du chalet d’altitude) situé à 2050 mètres.

Malgré la beauté du site, prenez messieurs les organisateurs amateurs de raid la précaution de choisir des points de chute en fin d’étape qui soit le plus proche possible du parcours que vous avez établi initialement. Cela fait parti du confort d’après chaque étape. Et au bout de quelques étapes, ce confort n’est pas négligeable croyez moi.

La fin de cette première longue journée est quelque peu éprouvante et se termine à 18h50 (et pour cause). Apéro et tartiflette autour de la tablée, on se raconte nos 142 kms, nos petits bobos et les anecdotes de la journée : la frayeur de Jacques qui a failli percuter un gamin qui s’est jeté sur la route lors de notre passage, la surprise de Jean Michel dans une descente lors d’un passage de tunnel dans le noir le plus complet avec, pour simplifier la situation, un virage à angle droit : résultat, un grand coup de patins, une grosse gueulante et les cales au sol le temps que les petits yeux y voient un peu plus clair………

Un dernier regard vers l’extérieur nous scotche littéralement. Au travers du brouillard montant, nous observons le couché de soleil embraser les pentes abruptes des versants " sud et est " de la vallée super escarpée d’Arèches que l’on devine en contre bas 1000 mètres en dessous. 
Point de vue exceptionnel et spectacle inoubliable ……..

Premiers massages, odeurs d’huiles venues d’ailleurs, dodo, dodo……. Morphée  

 

LA ROUTE DES GRANDES ALPES 2004,

2ème étape :
Lundi 21 juin, : Arèches - Valloire… 182 kms et 4140 mètres de dénivelé ( col du cormet de Roselan, col de l’Iseran, col du Télégraphe….. ) 

 Que cette 1ère nuit fut courte ! Pas très réparateur tout ça ! Va falloir régler nos biorythmes pour espérer récupérer des efforts consentis sur les étapes passées.

Enfin…. La longueur de l’étape du jour nous oblige à partir plus tôt que la veille. Debout à 6h00, départ du chalet vers 7h10 sous un soleil resplendissant. (c’est beau !), descente du chemin forestier en 4X4 pour Mario et Wilfrid avec le gérant du chalet qui a eu la gentillesse de nous mener en ville et en mini-bus pour les autres. Départ réel de Beaufort vers 8h15 après la traditionnelle photo de groupe.


De gauche à droite : Fred,Will, Jean Mi, Kriss, Mario,Dimitri et Bruno (manque Jacques qui prenait la photo !!)  

3 cols sont au programme : le Cormet de Roselend, le col de l’Iseran, et pour finir après plus de 160 kms de vélo, le col du Télégraphe.Dès les premiers coups de pédales, nous sommes sur les pentes du col de Méraillet (12 kms à 7% de moyenne) prémisse du Cormet de Roselend


 Le pied du Cormet de Roselan....  Forêt magnifique et luxuriante ...  L’ascension de 20 kms est magnifique et de toutes beautés. Sans doute la plus belle escalade de notre périple : chutes d’eau, marmottes, chevreuils, castors, et pour finir le splendide lac de Roselend et son barrage en fond de toile. Mais ça continue de grimper au milieu des pâturages parsemés de blocs de pierres (sans doute venus d’un autre monde) et de torrents pendant 6 kms environ avec des pentes à 8%.

 

Enfin le Cormet est à nous avec ses 1967 mètres d’altitude et ses neiges éternelles. (23kms et 1967 m)

 

 

 

 

 

 

 

    


 La descente vers Bourg saint Maurice est très acrobatique, sinueuse et même par endroit dangereuse. Au pied de la descente, changement de cap vers la gauche et nous voici (après un changement de pilote au volant du mini-bus), en direction du col de l’Iseran qui se présente à nous avec ses 46 kms de montée en paliers : Val d’Isère
(75 kms 2112m), le barrage de Tignes et sa fresque colossale, de nombreux tunnels pour finir à 2770 mètres d’altitude et le fameux col de l’Iseran pris dans la neige (90 kms). L’environnement n’est plus le même que dans le Cormet de Roselend. C’est le moindre que l’on puisse dire. Le décor semble fade malgré la force que dégage les sommets enneigés environnants. Ce passage obligé de notre périple à près de 2800 mètres n’a rien de comparable avec le magnifique et somptueux col du Cormet de Roselan que l’on a franchi le matin.

 Ci-dessus Jean Mi et Super Mario passe en tête en haut du col de l'Iseran     

 Enfin … Pour immortaliser notre passage, on prend une photo souvenir du groupe devant la stèle érigée au nom du col de l’Iseran.

 

    anecdote :      Etonné et inquiet de ne pas voir arriver Bruno au sommet du col, Fred décide de retourner à sa rencontre. C’est vrai que l’on se pose quelques questions. Peut-être a t-il eu un problème mécanique ? une énorme défaillance ? plusieurs crevaisons successives ? Ou peut-être même un début de fringale ?……… Et bien non ! Figurez vous que notre bon samaritain s’en est aller se promener à Tignes le lac, quittant ainsi le parcours de la RDGA , pour y retrouver une certaine " Marguerite ". Vache folle des années Fernandel dont Bruno s’était éperdument épris lors d’un meeting sur l’école du rire à Angers (on en rigole encore).Non sans mal, Fred a réussi à ramener Bruno à la raison, et nous rejoindre. Ah que ferions nous pas pour ces dames ? ? ? ? ?

     

un fort vent de face dans la descente de l'Iseran, à créer de gros écarts dans la vallée.

Nous commençons alors une longue, une très longue descente qui ne s’achèvera (avec quelques faux plats montants tout de même) qu’au pied du col du Télégraphe : 74 kms en tout avec un fort vent de face. D’abord une plongée rapide jusqu’à Lanslevilard (124 kms 1416 m), puis une descente par palier jusqu’à Saint Jean de Maurienne en passant par Modane (147kms) et la célèbre N6 qui parcourt de part en part cette vallée. Le décor est plus austère que ce que l’on avait l’habitude de voir depuis notre départ. Cette vallée, largement plus industrialisée, en porte les stigmates : industries isolées, zones d’activités, centre d’incinération de déchets, autoroute, voies rapides qui se supperposent…. Quel changement avec la veille ! …… Bref nous fonçons. Un fort vent de face rend difficile notre avancée. Peu importe nous pédalons sans relâche vers le pied de la dernière difficulté de la journée : le col du Télégraphe ! 43 kms d’un effort hyper ventilé, un virage à gauche dans Saint Jean de Maurienne (164 kms 920 m), et hop : nous attaquons la montée du Télégraphe après 164 bornes de vélo ! Ca calme, croyez nous ! La pente est très raide sur le bas (1km à 10%), ce qui surprend chacun d’entre-nous et diminue les ardeurs de la plupart.



dur dur...  pas vrai Fred.  La pente est très raide au pied...

 12kms sur une pente régulière à 8% nous fait passer de 720 mètres (de Modane) à 1566 mètres, avec une vue exceptionnelle sur la vallée de la Maurienne que l’on vient de quitter en contre bas. Les écarts en haut sont très importants, à la hauteur d’une fin de journée bien remplie et très chargée, c’est le moindre que l’on puisse dire. Les jambes sont lourdes, et un peu de repos bien mérité va faire le plus grand bien à tout le monde.

ici Will passe le télégraphe avec une avance plus que confortable. Le 2ème est à 22mm

 Une belle descente de 6 kms, rapide et sécurisante où l’on peut s’en donner à cœur joie, nous permet d’arriver après 182 kms d’effort à Valloire (182 kms) d’où l’on distingue déjà les pentes du premier plat de résistance de la journée de demain : "Monsieur le GALIBIER". Rien ne nous permet à ce moment, en voyant le ciel clément de cette fin d’après midi, d’imaginer la surprise que nous réservait ce grand monsieur des Alpes pour le lendemain….. Repas du soir dans une pizzeria, où pâtes et pizzas sont à l’honneur. Le Cormet de Roselend et ses splendeurs naturelles sont tout naturellement à l’honneur. On se termine dans un café (avec Bacchus, vous savez notre pote !) pour voir la fin du match de foot France Suisse euro2004, et tenter de s’incruster avec le propriétaire du bar pour "squatter" une ligne téléphonique et envoyer notre compte rendu de la journée sur le site internet de la TSF. Retour vers 23h00 au gîte, un dernier regard songeur et perplexe vers les sommets encore pris dans les étoiles, rempli d’espoir et pleins de rêves de grands enfants, et voilà que tout notre petit monde est renvoyé sans prière dans les bras de "Morphée"…

Dans la nuit, quelques signes avant-coureurs d’agitations montrent que certains d’entre-nous sont déjà entrain de le grimper le fameux col du Galibier … hihihihihi …

 

LA ROUTE DES GRANDES ALPES (suite) : 3ème étape : Mardi 22 juin 2004, : Valloires - Vars       122 kms et 3310 mètres de dénivelé ( col du Galibier, col de l’Isoard, et le col de Vars….. )

Que le réveil est brutal…

Le bruit de la pluie sur le toit nous informe que le temps a changé et que les conditions climatiques ont évolué depuis la veille. Que le temps change vite en montagne. Une petite excursion à l’extérieur confirme nos premières constatations. Il pleut fortement et la température a brutalement chuté : 8 °à peine au départ de Valloire ce matin, ce qui d’après un calcul très scientifique de notre "prof" (surnom de Christophe) nous augure d’une température d’environ 1° au sommet du Galibier. Il n’allait pas se tromper de beaucoup le gaillard ! Le ciel est bas et une chaîne de nuages ininterrompues et désorganisés fortement accrochés à la montagne nous laisse le sentiment que le début de la journée sera difficile, mais alors très difficile. On imagine même la possibilité d’avoir de la neige au sommet. On en parle mais personne n’ose y croire réellement !

    Anecdote : Situé sur les bords de l’altiport de Valloire, notre départ d’étape est rendu assez original par le manège d’un hélicoptère qui fait des aller-retour entre Valloire et un chalet de montagne. A s’y méprendre, et en délirant un petit peu, on peut imaginer aisément que cet hélicoptère est celui de notre assistance technique en montagne. Séance rigolade et photos s’imposent. Ah ces cyclistes, un rien les amuse ! 

 

  Juste avant de partir à l’assaut du Galibier, nous voyons passer nos trois compères de la première étape qui sont partis d’un peu plus bas dans Valloire. On se reconnaît bien sûr et le signe de la main que l’on se transmet en guise de salut en veut dire long sur ce que chacun ressent à ce moment précis. Visiblement la galère est pour tous au rendez-vous. Les premières pentes sous la pluie sont dures, presque autant que nos jambes qui n’ont guère eu le temps de chauffer et de récupérer de la veille. On découvre alors un élément supplémentaire qui va rendre encore plus difficile notre ascension : le vent. Plus on monte et plus la force du vent contraire augmente et rend difficile notre progression.

Anecdote : Le Galibier :18kms par temps de pluie et de froid avec une déclivité de 7% de moyenne (11.5% par endroit vers le sommet), 1240 mètres de dénivelé pour arriver à 2645 mètres d’altitude sous la neige, le tout rajouté à un fort vent de face et une route ruisselante d’eau et entourée de congères de neige de 4 mètres de haut par endroit, voilà les conditions apocalyptiques avec lesquelles nous avons dû faire face pour franchir ce si fabuleux et légendaire col qu’est celui du Galibier.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah oui… Nous l’avons bien mérité la photo souvenir tout en haut du col, croyez nous ! … 

  A force de courage et d’abnégation, nous arrivons tous tant bien que mal sous la neige au sommet (17kms). Ce sera la seule fois pendant notre raid que nous ne nous sommes pas tous attendus en haut d’un col. Par petit groupe, nous descendons, tout de Kway et vêtements de pluie vêtus, nous mettre à l’abri à l’auberge d’altitude du col du Lautaret 7kms plus bas (24 kms). La descente glaciale est rendue très dangereuse non seulement par les conditions climatiques persistantes auxquelles se rajoutent des bands de brouillard, mais aussi par nos vélos qui ne freinent plus et nos mains gelées qui ne peuvent plus commander les doigts donc nos freins. Certains de nous, qui n’avaient pas d’expérience vécue de ce genre de situation en montagne, en ont eu pour leur grade ! Séance frayeur également avec Jean Michel qui heurte de plein fouet et en pleine descente une petite pierre qui dévalait elle même la pente de la montagne. Choc, bruit de ferraille puis un écart : Jean Michel est un vieux de la vieille et ne s’est pas laissé impressionner, mais cet événement nous rappelle que l’on est bien peu de chose en montagne et qu’il nous faut faire toujours très attention. Un arrêt thé chaud est obligatoire et s’impose au chalet et permet le regroupement de toute la troupe.

 

40 bonnes minutes sont nécessaires pour nous réchauffer et nous changer avant de repartir. En faisant le point, nous nous apercevons que nous venons de faire 24kms seulement et que la montre nous indique que nous sommes partis depuis 2h25mn de Valloire. Ah on s’en rappellera du col du Galibier ! …

On finit enfin par repartir et on attaque notre descente vers Briançon par le col du Lautaret. Traversée de Monetiers les Bains (38 kms), Serre Chevalier (44 kms), puis Chantemerle (46 kms). Les habitués du ski reconnaissent bien les pistes et les stations de ski successives sur la droite. " la Case du bœuf ", " la piste du Marteau ", " l’Olympique devenu la Luc Alphand "… Revenons sur la route. La pente est douce et le temps se radoucit. Les nuages se dispersent et nos corps commencent à ressentir les premières sensations de chaleur. Il est temps car nous arrivons sur Briançon (53 kms), la ville la plus haute d’Europe avec ses 1210 mètres d’altitude, et l’attaque du Col de l’Izoard est proche. Comme nous avons pris beaucoup de retard, nous nous arrêtons " grignoter " à la sortie de la célèbre ville fortifiée, avant de partir à l’assault du 2èmemonstre sacré de la journée : l’Izoard. C’est au milieu des forêts de mélèzes que la route s’élève. A la sortie de Cervières un virage à gauche annonce le véritable départ du col avec des pentes régulières à plus de8%. Il reste alors 12,5kms à accomplir. La route est belle, les éclaircies sont de retour et pour une fois on sent le vent qui nous porte et nous pousse vers le sommet. Quel changement avec la montée du Galibier le matin ! Au refuge Napoléon à 1 km du sommet, la partie semble gagnée.

 

Dans un dernier sursaut de rage, l’Izoard est vaincu (77 kms). Regroupement général et photo collégiale du groupe autour de la stèle au sommet.

 Anecdotes :

  • d’abord la petite défaillance de Christophe à 800 mètres du sommet du col de l’Izoard. Il met pied à terre et s’assoie sur le bord de la route en attendant de bien récupérer. Sans doute l’accumulation d’une mauvaise récupération, d’une fatigue générale et de l’agression thermique et physique de la montée du Galibier le matin. Il s’en est vite remis et a repris dès le lendemain le cours de ses exploits.
  • puis ce qui restera pour tous ceux qui l’ont vécu un très grand moment, notre passage à 600 mètres du sommet auprès d’un groupe d’une trentaine de jeunes enfants et adolescents à pied qui, pris dans un élan de générosité, se sont mis à hurler leurs encouragements, à scander le nom de leurs idoles cyclistes, le tout dans un délire d’ambiance Tour de France. Après avoir subi le premier leurs assauts d’encouragements et être arrivé le premier au sommet, j’entendais à chaque passage des coureurs de la TSF 4 lacets plus bas, une rumeur d’applaudissements et d’envolées verbales monter. Quelle spontanéité…..

          Merci donc à tous ces jeunes pour la formidable ambiance qu’ils ont créé…

  

 Nous voilà repartis dans la descente de la Case déserte, avec un petit arrêt obligé auprès de la stèle érigée au nom de Coppi et Bobet. Petite séance photo.

Au moment de repartir, Fred s’aperçoit que son pneu arrière a développé une hernie. Ouf il l’a échappé belle. Faire une descente à bloc avec un pneu dans cet état tenait du suicide pur et dur. On change sa roue arrière et nous voilà repartis. Fred s’élance le premier comme si rien n’était et plonge à tombeau ouvert. Quel tempérament ! Et comme les emmer…. n’arrivent jamais seuls, juste en bas de la descente, Wilfrid d’abord puis Jacques crèvent de la roue avant, exactement au même endroit, à 2 minutes l’un de l’autre. Quel hasard ! …..

Vent de face, nous nous engageons dans les Combes du Queyras vers Guillestre. Le temps est à nouveau clément et on sent bien à l’air chaud que nous entrons réellement dans les régions alpestres dites du sud ! La vallée est très encaissée par endroit et nous laisse entrevoir des paysages érodés splendides.

Nous arrivons assez rapidement sur Guillestre (1000 mètres) (106 kms) et entamons la dernière montée de la journée : le col de Vars (1999 mètres). Ce beau col, long de 14kms, est assez difficile. On commence par sa partie la plus raide : une grimpée de 8kms à 7.5% de moyenne avec des pics à 10.5%. La fin présente une pente moyenne de 6% avec des pics à 9,5%. En ce qui nous concerne, nous nous arrêtons juste avant le sommet au "refuge Napoléon" (122 kms). Là, encore une fois, la fatigue générale aidant, les écarts sont conséquents. Le gîte, lui, est superbe. Petit bémol : aucun emplacement n’est prévu pour le séchage des vêtements, ce qui nous a été assez préjudiciable. Il est étonnant de voir qu’un gîte de montagne pouvant recevoir un grand nombre de personnes n’ai pas la capacité de sécher les vêtements mouillés des randonneurs, qu’ils soient à pied ou à vélo d’ailleurs ! Séance mécanique après la douche : changement de patins quasi obligatoire après les intempéries du matin dans le Galibier.

Le soir après le repas, nous avons la surprise de recevoir la visite de Bruno Desaintdo, encore un ex de la TSF venu s’installer dans le sud. Décidément la communauté TSF s’installe dans le sud ! Comme au départ de Thonon les Bains avec J.Paul Guilloux, on rigole bien et on se remémore les souvenirs. Pour ne pas se quitter trop brutalement, on se donne RDV le lendemain matin à Jausiers sur le lieu de travail de Bruno, pour une photo souvenir. C’est promis, c’est sur notre chemin, on y sera ! On parle également avec Bruno d’un certain record chronométré de la montée du col de Cayolle par les coureurs du club de l’Ubaye. Les temps sont gravés dans nos mémoires et feront l’objet pour certain d’entre-nous de référence pour la montée du lendemain. Ah chronomètre quand tu nous tiens !

 

 

Petites boissons avec " bacchus ", et dodo avec Morphée….

 

La semaine prochaine nous serons dans la 4ème étape de notre traversée des Alpes, entre Vars et St sauveur s/Thinée, soit une étape de 148 kms avec 2290 mètres de dénivelé. Au menu, col de Cayole, montée sur Valberg, et le col de la Couyollle...

 

 

 

 

LA ROUTE DES GRANDES ALPES
4ème étape : Mercredi 23 juin 2004, : Vars – St Sauveur s/Thinée 152 kms et 2290 mètres de dénivelé ( col du Cayolle, Croix de Valberg et le col de Couillole….. )

 

Que les réveils sont durs !

A en croire la vitesse à laquelle l’ensemble du groupe se lève, la récupération est de plus en plus lente et le réveil le matin de plus en plus difficile. Une fois encore, c’est le bruit de la pluie sur les toits qui éveille nos premiers sens. Cette fois nous ne sommes pas prêts à recommencer le début d’étape du Galibier. Nous décidons tous, à l’unanimité, d’escamoter le départ en vélo du refuge Napoléon et de faire le départ réel du jour à Jausiers, lieu de RDV prévu avec Bruno Desaintdo, 20kms plus bas dans la vallée. Nous nous féliciterons plus tard d’avoir pris cette décision collégiale.

Le petit déjeuner pantagruélique de Vars nous portera au corps toute la journée et c’est tant mieux, car certains commencent à avoir des petits soucis gastriques avec les bidons de produits et les sachets de gelée énergétiques que l’on utilise. Nous commençons à comprendre pourquoi les "pro" mettent du sirop de fruit et de l’eau dans leurs bidons. (sourires ! ).

Après avoir chargé "la Rosalie" (la remorque), nous terminons la montée du col en mini-bus sous une pluie battante et une température extérieure pas très élevée : à peine 9°. La descente du col de Vars s’effectue donc en "Trafic" sur une route détrempée. A écouter les conversations des uns et des autres, tout le monde est content d’avoir reporter le départ dans la vallée. Personne n’avait la force de recommencer la mésaventure du col du Galibier !

 

 De gauche à droite au départ de Jausiers : Bruno, le grand Jacques, Wilfrid, Jean Michel, Fred, Christophe, et super Mario....Dimitri est à la photo. La troupe est au complet

 

Nous arrivons à Jausiers, d’où nous devons prendre le départ réel de notre étape. Le temps de retrouver Bruno Desaintdo comme convenu, de faire une photo de famille devant un des bus de la société où il travaille, de recevoir les traditionnels encouragements pour ce genre d’occasion et nous voilà reparti. 152kms avec le col de Cayolle, la Croix de Valberg et le col de Couillole pour finir. 

 Après une dizaine de kilomètres dans la vallée, nous atteignons Barcelonnette où nous attaquons le col de Cayolle. Très vite nous pédalons sur des pentes relativement douces le long des magnifiques gorges du Bachelard avant d’aborder les lacets d’un des cols les plus sauvages de notre itinéraire. La montée de Cayolle est certes longue, environ 29kms depuis Barcelonnette, mais seules les pentes des 5 derniers kilomètres oscillent entre 6 et 8%. Inscrit dans le Parc du Mercantour, ce sommet (74km) marque la frontière entre les Alpes de Hautes-Provence et les Alpes-Maritimes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Wilfrid dans l'une de ses très nombreuses envolées solitaires à travers les Alpes. Ici dans le magnifique col de Cayolle...

  Une fois l’équipe au complet, nous plongeons vers le " Val d’Entraunes ", authentique vallée alpine, dans une descente aux paysages surprenants. La pente continue jusqu’à Guillaumes (93km) à 790 mètres. Virage à gauche, nos têtes se lèvent. Il nous faut gravir encore un col qui nous mènera à la "Croix de Valberg. 14kms d’un col ne présentant aucun répit. Voilà ce qui nous attend ! Cette ascension est particulièrement régulière et dure, avec des pourcentages moyens compris entre 7 et 8%. Pris dans une végétation luxuriante, les lacets sont de toutes beautés et nous mènent à la station de ski de la Croix de Valberg (124km).

 

 

 

 

 

Ci-contre Wilfrid et Jean Michel au pied de la Croix de Valberg....   Ce seront les deux seuls coureurs a avoir parcouru la totalité des 750 km proposés dans cette RDGA 

 

 

       

 

 

Photo souvenir face à la fontaine de la grand place de Valberg.  Le groupe reste formidablement groupé...

 

 

 

 

 

 La descente sur Beuil est belle, et nous mène directement au pied du col de Couillole. Col facile (excuser du peu !), long de 5kms pour 300 mètres de dénivelé, replats et petites descentes inclus, ce col a la particularité de se terminer par une pente raide sur 600 mètres environ (128km).

 

 Malgré les 128kms dans les jambes, la fin de cette montée se termine dans une ambiance de fin de course. A la suite d’une petite descente et d’un long replat, Jacques et Wilfrid sont en vue de Jean Michel et Bruno (Stene) qui reviennent fort. A 1.5kms du sommet, qui est en vue, les quatres se regroupent. L’esprit de compétition semble alors reprendre le dessus. Les regards se croisent et tous semblent se prendre au jeu. Un sprint amicale est lancé de loin (400m) avec des braquets que l'on avait plus l’habitude de mettre dans les ascensions. Le temps d’un effort total et voilà nos quatre compères qui passent le sommet (dans l’ordre Wilfrid, Jean Michel, Jacques et Bruno) le cœur au bord des lèvres et le souffle "pris de panique". "Ah ces enfants, y savent pas se tenir…" Frédéric, qui ferme la marche, met un point d’honneur à sprinter également et sauter Super Mario sur le fil !

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   La descente vers Saint Sauveur sur Tinée par les gorges du Cians , longue de 20kms, est particulièrement sinueuse et technique. Les virages s’enchaînent à un rythme effréné. La chaleur de cette fin de journée, la fatigue accumulée depuis le départ de Thonon ainsi que la sinuosité des routes nous réclament d’être constamment très attentif. Nous passons dans le petit village de Roubion (139km), entouré de barres rocheuses imposantes et dangereuses. Après une descente mémorable, nous surplombons le village de Saint Sauveur (152km) traversée par "La Tinée" . Nous distinguons le camping et le gîte dans lequel Super Mario nous a réservé nos couchages.

Une fois le regroupement effectué, surprise : nous sommes pour la première fois en avance sur l’horaire prévu. La personne qui doit nous donner les clés du gîte, ne sera pas là avant 17h00. Cela nous laisse plus d’une heure de détente devant nous. Chacun de nous apprécie cette pose et la met à profit comme il l’entend : pour le déchargement du camion, pour le séchage du linge mouillé dans les sacs, pour l’étude du changement de parcours du lendemain suite à une "déviation rendue obligatoire", pour préparer le compte rendue internet de la journée pour notre Webmaster Benoît, ou tout simplement pour boire une boisson bien fraîche sur une terrasse improvisée devant notre gîte…..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce moment est savouré par chacun et permet de décompresser un peu. Après avoir pu réintégré nos appartements et pris une bonne douche, nous avons réussi à nous connecter sur le sîte de la TSF (www.tsfontenay.net) et nous rendre compte que beaucoup de gens nous suivaient et nous encourageaient à travers notre périple. De très nombreux messages d’encouragements de coureurs de la TSF mais également d’autres club et même d’autre département, d’enfants et de femmes de coureurs, de frères, d’amis….. sont venus nous regonfler à bloc de force et d’envie pour notre final en apothéose. Merci à tous. Cela nous a vraiment touché…

Dodo…Morphée…une bonne nuit avant notre final en apothéose….

   

 

LA ROUTE DES GRANDES ALPES : 
5ème et dernière étape : Dimanche 24 juin,  St Sauveur s/Thinée - Valbonne, 152 kms et 2078 mètres de dénivelé positif…

 

Et voilà…

Nous y sommes…

Notre belle aventure est entrain de se terminer. En nous réveillant, on sent bien que l’on est entrain de vivre quelque chose pour la dernière fois. Demain, plus de bidons et d’affaires à préparer, plus de sac à refaire, plus de vélo à vérifier…

Comme pour nous remercier de l’avoir rêvé et surtout de l’avoir fait, la "Route Des Grandes Alpes" nous salut chaudement en nous remerciant d’un soleil matinal radieux, et des températures estivales très agréables. Pour la première fois nous allons tous partir en court ! FOR-MI-DA-BLE !

Petit déjeuner sur le coin de la table, préparatifs de départ et dernière photo de groupe, nous sommes prêts à en découdre pour cette dernière étape longue de 152kms truffée de difficultés et dont le parcours initialement prévu sera changé à 2 reprises.

dernière photo de groupe. St Sauveur s/Thinée de gauche à droite: Bruno, Will, Jacques, Fred, Jean Michel, Super Mario, Kriss, Dimitri.....  l'équipe est au complet!

Nous quittons St Sauveur et sa "Tinée" rafraîchissante pour emprunter la route où l’on trouve les premiers panneaux indiquant la direction de Nice. Encore un signe avant coureur de notre arrivée toute proche ! Après à peine 5kms, un virage très serré sur la gauche nous indique la direction du col Saint Martin. Nous quittons à ce moment l’itinéraire prévu initialement vers la montée d’Utelle, car la route est devenu quasi impraticable selon les dernières informations que l’on détient….

La redoutable ascension du col de Saint Martin grimpe pendant 16kms sans répit sur une pente constante de 6.5%, certaines portions dépassant allègrement les 8%. Nous suivons alors la vallée de Bramafan, et passons dans un petit village médiéval : Saint Dalmas. Si la montée est difficile, le cadre lui est vraiment agréable.

Le groupe principal au pied du Col de St Martin

Nous faisons la totalité de la montée dans la verdure des arbres. Le sommet du col se situe à la Colmiane à 1500 mètres d’altitude, célèbre petite station de ski du coin.

Will dans ses oeuvres... envolée vers la Colmiane à 1500 mètres d'altitude

Les premiers arrivés se ravitaillent en eau, et non plus besoin pour la première fois depuis notre départ de Thonon de se couvrir davantage pour la descente. Seules les manchettes sont nécessaires pour ceux qui le désirent !

Kriss en photo au sommet de la Colmiane (col St Martin 1500 mètres d'altitude)

Une longue descente vers la Vésubie permet d’apercevoir le vallon du Boréon, puis le passage de Roquebillère suivi de Lantosque.

 

Anecdote : Dans la descente vers la Vésubie, nous apercevons des petits panneaux fléchés jaunes avec une inscription attirant notre attention. Il s’agit en fait de panneaux indicateurs du "Paris-Nice 2004". Nous sommes sur le parcours de la 1ère grande course à étape professionnelle du début de saison. Fierté……

 

Nous arrivons à St Jean la Rivière où commence réellement les gorges de la Vésubie. Les routes sont relativement étroites et les barres rocheuses qui nous surplombent sont très basses, ce qui rend le passage des véhicules lourds très hasardeux. Quelques kilomètres avant de rejoindre la N202, nous rejoignons dans la descente un camion qui transporte d’énormes troncs d’arbres coupés. Le plafond des barres rocheuses est si bas que le haut de son chargement "s’écharpille" sur l’avancée des barres rocheuses sur la route. Nous recevons quelques copeaux et quelques morceaux d’écorces qui nous obligent par sagesse à laisser une distance confortable entre lui et notre groupe. La plaisanterie dure 2kms, puis nous pouvons reprendre normalement la descente. Nous arrivons sur la N202. Petit arrêt collation, et nous voilà reparti de plus belle ! 3kms à peine sont prévus sur cette route très empruntée que nous devons quitter sur le pont Charles Albert. Malheureusement notre route prévue initialement est à nouveau impraticable suite à des travaux, ce qui nous oblige à revenir sur la nationale et continuer jusqu’au pont de la Manda 11kms plus loin pour envisager de retrouver l’itinéraire de notre choix. Ce coup ci la route est ouverte et nous pouvons commencer notre chevauchée dans l’arrière pays Cannois. Le temps est magnifique et le soleil brille de tous ses éclats. Il fait chaud et les bidons commencent "à tomber". Nous commençons alors une longue montée dans l’arrière pays Cannois par les villages de Carros, Le Broc, Bézaudun, Coursegoules et Gréolières pour un total de 31kms sur des pentes somme toute assez facile.

Le rythme est soutenu en haut de Coursegoules avec dans l'ordre Will, Kriss, Jean Michel et Jacques

Malheureusement le vent est encore très défavorable et rend notre progression usante. Nous montons à un rythme soutenue Après une descente tranquille, le regroupement à lieu et nous entamons alors la dernière montée de notre périple : le col du Gourdon, sur des routes que connaissent particulièrement bien 2 d’entre-nous. Super Mario, dont les parents habitent en bas de l’autre versant, vers Grasse (Valbonne plus précisément), et pour qui ces routes sont des routes d’entraînement de vacances, et Wilfrid qui a gagné sur ces routes mêmes sa première course à étape en 1ère catégorie à 17 ans,….. il y a bien longtemps maintenant.

Ce col, en comparaison des nombreux cols que l’on a franchi depuis notre départ du le lac Leman, paraît facile malgré ses 5kms de long. Nous décidons, en hommage à celui qui a été l’investigateur de ce si beau projet, Mario, de monter tous groupés, sans exception, et d’arriver tous ensemble au sommet du col dans le village de Gourdon.

Le groupe est soudé dans cette dernière montée vers Gourdon. Will fait le "tempo"

L’ambiance est chaude et les "vannes carambar" fusent. Même le président crie amicalement sa colère du bord de la route (c’est lui qui est dans le mini-bus) car il aurait bien aimé faire parti de cette fête. Tout le monde est heureux de terminer de cette façon cette aventure, et chacun s’en félicite. Nous nous arrêtons dans le village de Gourdon à 913 mètres d’altitude pour admirer la vue exceptionnel et le panorama du bord de mer que l’on surplombe. Nous devinons les îles de Lérins, Juan-les pins et le cap d’Antibes. Certains en profitent pour faire des emplettes, tandis que d’autres racontent notre périple à un groupe de personnes intéressés et curieux de nos tenues sportives et de nos machines si performantes. Notre récit en bluffe quelques uns, notamment lorsque l’on expose nos péripéties dans le col du Galibier. Une personne volontaire veut faire une photo de notre sacré équipe. On en profite pour faire une photo souvenir de nous tous.

 

On décide de repartir, et d’attaquer ce qui sera cette fois la dernière descente du raid ! Direction Valbonne !

Fred, qui s’en est donné à cœur joie dans toutes les descentes qu’il a fait depuis le départ, se fait un point d’honneur de terminer en beauté et d’attaquer comme un fou vers Grasse. Regroupement en bas.

Mario en tête, le cortège vainqueur défile dans les rues très chargées de cette fin d’après midi avec une fière allure malgré les 152kms parcourus en moins de 5h20mn (tous arrêts confondus). Le parcours est sinueux, mais Super Mario connaît bien le coin et finalement nous arrivons chez Mr et Mme Biello à Valbonne.

Nous venons de parcourir 748kms, franchir 15875 mètres de dénivelé positif, et grimpé 17 cols, et pourtant la sensation de bonheur et le soulagement d’en finir en arrivant sont concurrencées par la déception de ne plus avoir à repartir le lendemain sur les routes… Bizarre non ? vous avez dit bizarre… ?

Enfin ! ça y est !

On y est ! ….

Le papa de Mario, qui est mordu de vélo aussi et qui suit tous les exploits de son fiston, nous attend presque au portail de sa superbe villa méditerranéenne. On est reçu comme des seigneurs, les bras ouverts, avec un luxe que l’on avait oublié dans les gîtes et les auberges que l’on a cotoyé. Nos chambres sont évidemment prêtes. Moi qui connaît bien les parents de Mario pour les avoir cotoyé à mes débuts dans le milieux cycliste à coté de leur fils, nous passons un long moment de bonheur pur à nous remémorer le passé. Tout naturellement, nous en venons à notre aventure et les questions fusent. Un vrai moment de joie….Nous leurs montrons les photos numériques du raid, sauvegardés sur l’ordinateur de Jean Michel, et les faisons participer à l’élaboration du dernier résumé d’étape que l’on va envoyer à Benoît pour le site internet le soir même.

Puis vient le moment du plongeon dans la piscine. Quelle sensation de relâchement et d’abandon… Toute la fatigue semble s’évacuer en quelques secondes… Malgré le calme apparent, nous sommes tous bien et nous profitons intensément du moment. Des boissons fraîches sont à notre disposition, et les chaises longues ouvertes et prêtes à nous recevoir. Rien est laissé au hasard sous le soleil encore chaud de cette fin d’après-midi.

Ils sont tous blancs nos cyclistes, bronzage agricole hihihihi....

Après une bonne douche, nous nous réunissons tous ensemble autour de la table pour lever nos verres à notre entreprise et aux futures qui vont peut être suivre.

Un repas pantagruélique nous est proposé. La maman de Mario a fait des merveilles et nous a réellement gâté. Les plats sont exquis et copieux au grand plaisir des grands gaillards qui nous accompagnent et qui se reconnaîtront. Nous passons une très agréable soirée autour de cette table où nous avons retrouvé notre vieux copain "Bacchus", vous savez " Bacchus"… La soirée se termine, les paupières se ferment doucement, Morphée arrive, et les dernières forces nous lâchent et se dispersent…

DODO …

Au réveil tout s’enchaîne très vite. Les vélos sont démontés et rangés comme ils se doivent pour le voyage ; les bagages casés à leur place, car la place est un réel problème quand on est tous dedans. Un excellent petit déjeuner nous est proposé par Mr et Mme Biello. Il n’est pas tard mais nous devons vite partir car la route est longue pour rentrer sur Paris. Un au revoir un peu brutal clos notre bref séjour. On reprend la route mais en mini-bus cette fois.

Le retour est moins exalté qu’à l’aller. Certains récupèrent et dorment par intermittence, d’autres méditent sans doute sur les paysages qui défilent et que l’on va bientôt quitter. Nous sommes tous un peu nostalgiques.

 

Retour 18h30mn au hangar municipal de Fontenay en Parisis. Aurélie, l’amie de Christophe, est là et nous attendait (peut être n’avait elle même pas quitter les lieux depuis notre départ 6 jours auparavant ! J’crois bien qu’elle l’aime fort son Christophe !) Les autres arrivent petit à petit dans un cortège qui annonce la fin toute proche de l’aventure.

On se quitte, ça y est c’est f………….

 

LA ROUTE DES GRANDES ALPES (fin):

 

Merci à vous tous, fidèles lecteurs de notre belle aventure… Pour conclure cette fantastique aventure, une note d’humour, quelques photos et quelques remerciements .

UN PEU D’HUMOUR DANS CE MONDE DE BRUTE !

Différents prix de consolation ont été octroyé lors de notre périple.Un jury d’honnêtes gens s’est réuni et s’est mis d’accord sur l’attribution des prix suivants :

 Le prix le plus convoité car le plus disputé aura été le : PRIX JEAN RENE GODARD 80

récompensant le coureur le plus régulier dans les descentes et s’étant rapproché le plus de la barre fatidique des 80 km/h dans une descente. Ceci en réponse aux commentaires du même Jean René Godard qui affirme que les pros descendent allègrement les cols à plus de 90 km/h.1er : Frédéric Guffroy 79km/h , qui dément formellement l’affirmation de J.R.

  Le prix le plus épuisant aura été le : PRIX " El-Cabrito " des ALPES  

   récompensant le meilleur grimpeur des "Dames" de Hautes Savoie. Ses envolées solitaires lui auront-ils permis de conclure là haut sur les cîmes des montagnes ? ..  1er Wilfrid Corre

Le prix qui n’a pu être distribué malgré tous les efforts du jury : PRIX DU MEILLEUR JEUNE

récompensant comme son nom l’indique le meilleur jeune. Malgré tous les efforts du jury, ce prix n’a pu être attribué étant donné le grand âge de tous les participants !

MAILLOT VERT :

Prix également impossible à attribuer car il n’y avait pas un mètre de plat sur ce "putain" de parcours ! 

     le prix qui récompense d’une certaine façon le plus combatif : PRIX DE LA COMBATIVITE :   

     le jury est impartial et attribue ce prix à toute l’équipe de la TSF pour avoir à un moment ou à un autre su surpasser la douleur, les bobos, les coups de blues, les maux de genoux, "le mal au cul", etc etc que ce soit individuellement ou en groupe…

Toutefois, 2 personnes dans ce domaine méritent d’être nommées tout particulièrement :

Dimitri :    pour avoir dû surmonter des problèmes gastriques récalcitrants et très gênants qui l’on régulièrement rejeter bien contre son gré à l’arrière de l’ensemble du groupe. Après avoir récupérer un peu, il a enfin réussi à profiter des 2 dernières étapes dans des conditions plus normales.

Frédéric :    pour avoir fait preuve d’un courage et d’une abnégation exemplaire tout au long des différents parcours qu’il a effectué. Quand on sait que la moindre bosse en région parisienne le met en difficulté, il lui en a fallu une sacré dose de combativité pour "aller au bout de ses rêves" !

 et enfin le prix récompensant la meilleure équipe : PRIX D’EQUIPE :

Le prix d’équipe a tout naturellement été remporté par l’équipe ayant été la plus solidaire et ayant montré un esprit de camaraderie sans faille. 1er la Tige de Selle Fontenaysienne, groupe sportif Photoc, sur bicyclette Giant, Look, Orbéa, et les autres….. les 748kms en se serrant les coudes !

l’équipe était formé de Super Mario, Prof Kriss, Fred, Bruno, Jean Michel, Dimitri , Jacquot et Wilfrid

Bravo à tous pour cette merveilleuse prestation de groupe ! 

               LES REMERCIEMENTS

Nous voici à l’heure des traditionnels remerciements.

S’il est vrai que notre histoire n’était au début qu’une simple histoire de potes désirant se défier physiquement et moralement à travers une épreuve sortant de l’ordinaire, nous nous sommes très vite rendus compte de l’importance à travers les nombreux coups de fil reçus, les messages d’encouragements sur internet provenant d’amis, de nos femmes et de nos enfants, des coureurs de la TSF mais également d’autres clubs et même d’autres départements…, et tout simplement en regardant le décompte du nombre de personnes qui se connectaient tous les jours sur la rubrique "la Route des Grandes Alpes TSF 2004" tenue de main de maître par Benoit notre Webmaster, nous nous sommes vite rendu compte donc que son cadre avait très largement franchi les frontières de nos proches et du club. Cette attention toute particulière, je vous l’assure au nom de tous mes camarades, nous a réellement porté et encouragé à passer le cap des difficultés rencontrées sur notre route. Une grande fierté et une grande joie nous accompagnaient à chaque séance de lecture des mails.  

  • Merci donc à tous ceux qui nous avez encouragé, soutenu, porté par vos messages d’amitié, notamment dans vos e-mails .
  • Merci aux parents de Super Mario, pour nous avoir reçu avec autant de gentillesse et de simplicité à la fin de notre périple à Valbonne.
  • Merci à Benoît pour sa grande complicité et pour tout le travail qu’il a effectué chaque jour en direct afin de rendre notre aventure la plus intéressante et crédible possible pour tous les internautes visitant le site de la TSF.
  • Un grand merci à nos femmes et nos enfants qui, en plus de nous encourager chaque jour, nous ont permis de réaliser ce rêve entres copains.
  • Merci à J.Paul Guilloux de Thonon les Bains de nous avoir reçu si chaleureusement dans son restaurant le premier soir et d’avoir pris de nos nouvelles auprès de Fred pendant notre périple.
  • Merci à Bruno Desaintdo pour s’être déplacé spécialement pour nous voir et retrouver ses anciens potes de la TSF.
  • Merci au beau père de Benoît pour nous avoir prêté sa charmante "Rosalie" (la remorque) sans laquelle nous ne serions sans doute jamais partis dans les Alpes faute de place.
  • Merci au club de Fontenay pour nous avoir encouragé tout le long du raid et pour nous avoir aidé financièrement en prenant en charge les frais de carburant du voyage.
  • Merci aux jeunes en haut de l’Izoard pour leur spontanéité, pour leur dynamisme et leurs encouragements délirants. On a passé un excellent moment grâce à eux.  

    Et maintenant, les "spécial thanks" pour les VIP de cette aventure :  

    • Merci à Fred pour son abnégation, pour son sens inné de l’organisation et pour toute la route qu’il a parcouru dans le minibus comme conducteur, tant pendant notre périple, qu’à l’aller et au retour de notre voyage.

     

    De Ga à Dr BRUNO et FRED

    • Merci encore à Mario de nous avoir convaincu de partir avec lui pour faire cette fantastique randonnée qui nous aura beaucoup apporté et appris, et surtout l’envie de recommencer !

     

    De Ga à Dr SUPER MARIO et BRUNO

    • Merci à Dimitri et Jacques pour leur gentillesse naturelle, pour leurs paroles réconfortantes et pour leurs présences amicales dans les moments les plus difficiles.

    De Ga à Dr FRED et JACQUOT

    • Merci à Christophe pour ses exposés techniques et pour ses calculs savants sur la météo et pleins de choses encore. " Mais attention à ton p’tit cœur, OK ! "

    De Ga à Dr Jacquot, Bruno, Kriss et will en arrière plan

    • Merci à Jean Michel pour son dynamisme sans faille et pour son optimisme à toutes épreuves qui n’a jamais fait défaut, sacré boute-en-train le gaillard !

    DE Ga à Dr encore BRUNO  et Jean Michel

    • Merci à Bruno pour ses exposés sur le comportement humain (hihihihi…..) et pour son extraordinaire jovialité malgré la difficulté qu’il rencontrait déjà lui même à hisser sa carcasse angevine en haut des nombreuses difficultés du parcours.
    • Merci à Wilfrid pour la partie technique et logistique du raid, les roads book, pour ses envolées solitaires et pour le bilan final.

     

    • Et pour terminer, merci à tous ceux qui durant le périple ont été au volant du minibus, et qui se sont occupés de toute la logistique humaine et matérielle (photos, bidons, vêtements, casques, roues… ), je nomme Fred, Dimitri Christophe, Jacques, Mario et Bruno. Sans eux, il est évident que le raid n’aurait jamais pu se réaliser dans d’aussi bonnes conditions.

    Bravo également à Jean Michel et Wilfrid pour avoir effectué de bout en bout la totalité de l’itinéraire, ce qui représente un bel exploit physique.

                                                     CONCLUSION

    Voilà qui conclut mon récit sur notre belle aventure… J’en ai déjà beaucoup dit c’est vrai. Aussi je ferais court et simple au nom de tous mes camarades, en vous demandant de méditer sur ces quelques mots : comme les projets naissent souvent du vécu, il reste maintenant à laisser germer les esprits pour que naissent de nouveaux projets. C’est ainsi que l’on termine une histoire et que l'on en recommence une autre...   alors si ça vous dit 

     

                             @ bientôt WILFRID

     

     

                                                  

 
     

TRAVERSEE
des
PYRENEES 2006
 :

dimanche 21 mai 2006.







 

1ère étape : Amélie les Bains… Ax les Thermes

157 kms et 2513 mètres de dénivelé positif.




Le réveil collégial est de bonne augure…                      

Tout le monde est bien sûr motivé par la belle aventure qui commence. Le chant du coq éveille nos ardeurs enfouies. Après une petite sortie à l’extérieur, bonne nouvelle, le ciel est bleu azur. La fraîcheur est de rigueur, comme dans toute les vallées montagnardes à cette heure de la journée, mais le soleil est présent et c’est bien là l’essentiel.

Après un petit déjeuner copieux, le cortège des coureurs se préparant se met en place. Chacun tente de trouver sa place, le bon tempo, déjà le bon " braquet " en quelque sorte. Normal, chacun cherche ses marques.

Départ du Mas vers 8h30 en camionnette, car l’étroitesse et l’état de la route qui mène à Amélie les Bains, nous laisse à penser qu’un départ " groupire " d’Amélie les Bains serait préférable pour tout le monde.

La première descente le long des gorges du Mondony est magnifique. Le soleil resplendit de tous ses éclats. Les roches creusées et érodées que l’on aperçoit à travers la verdure luxuriante donne une première impression de beauté magique à ce début de périple.

Première photo, premier souvenir …

 Nous nous arrêtons 1 km avant Amélie pour enfourcher nos bêtes de course. Encore quelques hésitations mais l’ensemble de notre groupe s’harmonise assez vite. Quelques conseils de Fred à Charly pour la conduite en montagne et le parcours, avec comme support le road-book que j’ai concocté, et nous voilà parti pour plus de 925 kms de sensations fortes. Petites hésitations dans la traversée du village… KM 0

Les premiers repères sont toujours un peu difficiles à trouver, mais ça y est nous y sommes. Après la splendeur thermale d’Amélie les Bains, nous attaquons d’entrer de jeu la première difficulté du raid : le col du Fourtou. Sans grande difficulté, cette montée de 25 kms en paliers nous aura permis une entrée en la matière douce et charmante. Paysages semblables à ceux de l’arrière pays Varrois (pour ceux qui ont fait la RDGA) et soleil brillant. Nous montons tous groupés ce premier petit col comme pour marquer de notre empreinte commune la route qui défile sous nos roues. Il faudra nous y faire, le passage des petits cols se fait souvent sous des panneaux identifiés dans le jargon local. Là nous passons celui du col du Fourtou. KM37

Carrefour, virage à gauche et nous voici dans la descente assez douce qui va nous mener vers Bouleternère KM 55  et la N116 que nous allons emprunter pendant 9 kms. Première descente, première prise de marque, première sensation de vitesse … Les pneus neufs se sont vite mis à température…

N116 donc, et contre la montre par équipe dans la vallée de la Tige de Selle Fontenaysienne. Un train de huit gaillard, vent trois quart dos, motivés comme pas possible, ça fait du vent. Compteur entre 42 et 50 km/h, sur un terrain légèrement vallonné, va falloir se calmer les gars, l’étape ne fait que commencer et le col de Jau arrive vite ! ! ! Premiers klaxons, mais d’encouragements ceux là, ne font qu’exciter le groupe. A y regarder de plus près, on dirait une équipe professionnelle venant repérer les cols pyrénéens pour le Tour de France. Ah ces cyclistes ! ! ! de vrais gamins.

Nous quittons la nationale pour prendre une petite route parallèle qui nous mène directement au pied du col de Jau . Nous passons à Moltig les Bains  KM 79 qui marque le passage à la première montée sérieuse de la journée. 14 km de pente entre 7 et 8.5% vont nous permettre de faire monter la fréquence cardiaque et faire vent de panique.

 

 Sensations du 39 x 23 comme dirait Jean Michel…

 

 Première crevaison pour Super Mario…. Les braquets tombent, le souffle et le cœur s’affolent progressivement. Nos premiers gros efforts seront " totals " et définiront à nouveau les limites que chacun devra respecter s’il ne veut pas brûler trop vite ses " cartouches ", car la route ne fait que commencer et est encore longue.

Au milieu du col, le groupe encore compact se fait attaquer par un berger allemand. Mario (encore lui) en est la victime. Lucide et réactif, il évite le pire et déchausse pour se défendre. Plus de peur que de mal ! Le groupe se reforme et reprend sa marche. A quelques bonnes encablées du sommet Sébastien et Mario (encore lui) font leur premier numéro et se détachent irrésistiblement. KM 92

Comme à l’accoutumée, tout le monde s’attend en haut du col avant de lâcher les watts pour entamer la descente. Nous quittons alors les Pyrénées orientales pour passer dans le département de l’Aude et ses paysages verdoyants mais dépeuplés aux multiples cours d’eau. Une descente rapide vers Roquefort où les descendeurs se lâchent encore un peu plus et nous voici déjà au pied du col de Garavel. Long de 7 kms, ce col ne présente aucune difficulté majeure réelle, si ce n’est sa longueur. Mine de rien, nous aurons déjà effectuer 112 km au sommet de ce col. KM 112

 

 Alors Mario ! un besoin pressant ? T’exagères Will, laisse la place, c’est pressé …

C’est l’endroit que choisissent Jacques et Dimitri pour monter dans la camionnette. Fatigue et connaissance de soi aidant, ils seront les premiers à tester l’efficacité de la remorque pour un attelage rapide des vélos. Le test sera probant, l’opération se fait rapidement. L’assistance est au top. Charly mène de main de maître le convoi.

Le groupe descend à tombeau ouvert vers Escouloubre  KM 119, et on commence à faire parler les compteurs. Frédéric compte bien faire " pêter " le record de descente d’il y a deux ans dans les Alpes qui était de 76,4 km/h.

On s’en rapproche mais les pentes, à cet endroit, ne sont guère propices à ce genre de performance. Les routes sont granuleuses et en mauvaises états. Mais qu’importe, on sent bien qu’il ne s’agit que de temps… Un nouveau record sera établi … Ca c’est sûr, mais par qui et quand ?

Et nous voici au pied de ce qui restera le plat de résistance de la journée : le Port de Pailhères. 15 km de montée avec des pourcentages compris entre 7,5 et 10% et un premier sommet à plus de 2000 mètres, qui nous fera entrer dans le département de l’Ariège. Autant vous dire que cela n’a pas été une partie de plaisir.

 

C’est dans ce col que chacun d’entre nous teste ses aptitudes montagnardes réelles pour les cols à venir. Patrick en profite à Mijanès pour prendre un peu de repos dans la camionnette de la TSF et rejoindre Dimitri, Jacques et Charly. Les deux derniers kms à plus de 10% en ont calmé plus d’un. Après un regroupement au sommet et 138 km dans les pattes, on bascule dans une longue descente de 19 km vers Ax les Thermes. Séance dépassement de voitures pour Fred, Jean mi, Will et Sébastien qui à tombeau ouvert, sur une belle route cette fois ci, font " pêter " une première fois le sacré saint record " Jean René Godart 80 " et mettent la barre encore plus haute puisque Fred établit un nouveau record à 79.6 km/h.

Les félicitations sont de rigueur. Respect oblige … ca commence à aller très vite. Mais ce n’est pas fini car les routes des Pyrénées sont décidément propices à ce genre de record. D’autant plus que Patrick, bon descendeur également, pousse dans ses retranchements Fred et l’ensemble des descendeurs du groupe.

Notre gîte d’étape est sur le chemin, ce qui est très bien. " La Forge d’Ascou " nous accueillera ce soir. Première halte bien méritée après nos premiers 157 km de vélo et d’efforts pyrénéens. Le gîte est grand, propre et adapté. Les chambrées se font naturellement. Révision des vélos, préparations des affaires du lendemain, douches, récupération … On se prépare à aller manger en ville. A l’extérieur, décor splendide car l’on devine en contre bas, encore pris dans le soleil, Ax les Thermes dans le fond de la vallée toute proche.

Repas à Ax les Thermes, pâtes à l’honneur.

Première soirée " zygomaticale " avec Charly et Patrick en tête d’affiche… En bout de table, Jean Michel, moi même et ceux qui veulent bien se prêter au jeu, refont la journée et écrivent le résumé de l’étape que l’on enverra à Benoît pour mettre sur le site de la TSF. Le schéma est maintenant bien rodé.

Retour au gîte pour un repos bien mérité avec au menu du lendemain une étape dure à souhait…

Séance récupération, compex, " boules chinoises " pour Mario et pommade relaxante pour les autres. On a bien conscience de l’enjeu.

dodo dodo dodo dodo dodo dodo …             DODO !!!

rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

 

             @WILLOW

TRAVERSEE DES PYRENEES 2006 T.S.F.

 Lundi 22 mai 2006 : 2ème étape : Ax les Thermes … Castillon en Couseran

147 km, 2373 mètres de dénivelé positif.



Réveil dynamique pour l’ensemble du groupe.

On ouvre les volets pour la prise de température du jour : le ciel à peine couvert, tout juste embrumé, nous promet une journée agréable. Les rituels des départs se mettent en place, avec pour point d’orgue le petit déjeuner qui donne le ton pour toute la journée. A " la forge d’Ascou ", c’est le cas car c’est avec un ventre repu que nous reprenons le cours de notre raid vers 8h30 pour 147km.

 Au départ d’Ax les Thermes ce matin, les esprits sont encore tranquilles. Faut dire que l’effet de " sappe " du rouleau compresseur des Pyrénées n’a pas encore fait son apparition. Nous ne sommes qu’au départ de notre 2ème étape.

Patrick, ici au premier plan, l’a annoncé haut et fort à table hier soir au restaurant: " Demain, ça va être la guerre… ". A bon entendeur ! Il ne croyait pas si bien dire notre guerrier. A l’arrière plan, Jean Michel et Wilfrid, sereins, sont déjà prêts à attaquer.

L’enjouement sera moins fort en couleur en fin de journée ! !

   

Descente de 2 km relax sur une belle route en virages serrés vers Ax les Thermes en point de mire, et hop virage à droite!  Départ en fanfare avec le col du Chioula. Usant à souhait (cassant même), ce col long de 10 km, avec des pourcentages compris entre 6.5 et 9%, place le débat à froid d’entrée de jeu. Le revêtement n’est pas formidable. La journée sera donc placé sous le signe des guerriers. Patrick l’avait annoncé hier à table : " …Demain ça va être la guerre… ".Un passage sur le haut atteindra même les 11%.

Le ton est donné, le rythme cardiaque s’affole ainsi que le rythme ventilatoire. Ici au pied on reconait Will, à quelques encablures Sébastien, et un peu plus loin l'ami Jacques.

Ici nous reconnaissons Dimitri et Jean Michel qui l'accompage

Le groupe quelque peu dispersé surtout vers le haut du col se regroupe KM 10 et entame la longue descente en paliers d’une quarantaine de km vers Tarascon en Ariège

Jacques, un peu plus en verve, part très rapidement dans la descente. Il prend vite le large. Erreur fatale… Il a oublié de prendre ce matin sa petite fiche plastifiée indiquant le parcours et que chaque coureur se doit d’avoir sur lui à chaque étape. Enchaînements de virages, plaisir, prise de vitesse, grande courbe sur la droite et … hop ! il omet de prendre la D2 sur la gauche direction Bestiac. Derrière on se regroupe et on fait le point sur la situation. La conclusion est sans bavure : Jacques s’est trompé de parcours et cavale devant nous comme un lapin. La décision est prise. La camionnette part à sa rencontre. 30 bonnes minutes seront nécessaires pour retrouver notre ami le fuyard et faire un regroupement général. Les esprits quelques peu échauffés finissent par se calmer et c’est avec l’ensemble du groupe que nous repartons gaiement sur la fameuse D2 direction Bestiac.

Photo collégiale sur le pont piétonnié de Cazenave KM40. On reconnait de gauche à droite Will, Sebastien, Jacques (quel'on a enfin récupéré), Dimitri, Fred, Super Mario, et Jean MI.... à la photo l'incomparable Charly !!!

Après une longue descente en paliers de 40 km et quelques belles grimpettes, nous arrivons donc sur Tarascon en Ariège, où le ciel s’est assez vite couvert et le soleil fait sa disparition. Est ce mauvais signe ? Les prémices du temps que l’on attend pour le lendemain arrivent à toute vitesse…

 Avec une agglomération fortement industrialisée, Tarascon en Ariège possède un réseau routier très dense, et nous pousse malheureusement encore une nouvelle fois à l’erreur, et ce malgré le road book précis du parcours. Nous partons à l’opposé de notre chemin prévu initialement, vers le col de Port, alors que nous cherchions le " port de Lers ".

Très rapidement nous nous rendons compte de la bévue, rétablissons le tir et revenons dans l’axe. Nous passons devant un supermarché et nous arrêtons pour faire le plein de marchandises pour le repas du midi. La veille au soir, dimanche, les magasins étaient " closed ". Après la bévue du matin, le sablier semble encore une fois rester bloqué. Le petit flottement échauffe les esprits. Jean Michel, quelque peu énervé par les différentes situations vécues depuis ce matin, décide de monter dans la camionnette et faire comme une grève symbolique. Pas moyen de le faire changer d’avis. C’est que c’est pas la moitié d’un breton notre Jean-jean. Il promet de ne pas remonter sur le vélo de toute la journée. On en profite pour faire le plein de carburant de notre camionnette.

" The show must go " et doit continuer. Le train Fontenaysien repart donc sans Jean Michel vers le " Port de Lers ".

 Ce qui vient de nous arriver sera finalement un mal pour un bien pour l’ensemble de notre groupe car à partir de ce moment là, chacun s’investira de manière plus spontanée dans les petites tâches de tous les jours, et ainsi délestera l’activité déjà bien chargée de certains autres. Heureusement que certains l’avaient déjà compris avant même que n’arrive cet incident…

 

 

 Direction Port de Lers . Ce col est juché à 1517 mètres d’altitude. Sa montée, longue de 17 km, ne possède pas de pente très raide. Avec des pourcentages compris entre 5 et 9%, il nous donne l’occasion de fouiner dans les paysages magnifiques et resplendissants que l’on découvre : verdure luxuriante, cours d’eau, chutes d’eau dans les roches, cascades et même animaux sauvages accrochés par on ne sait quels miracles aux parois vertigineuses de la montagne …

 La difficulté de ce col et les pourcentages ponctuels font que les écarts sont importants en haut. Le rythme c’est accéléré : pas vrai Will et Seb. D’ailleurs on sent bien qu’un changement de temps est au menu. A peine 4° au passage du col. Les tenues d’hiver sont à nouveau de rigueur et la camionnette est la bienvenue une nouvelle fois. Merci les gars pour l’assistance.

 

 

 

Au sommet km76, regroupement bien sûr et très courte descente de 4 km ne permettant pas des folies avec nos corps et nos drôles de machines. C’est le moment que choisi Jean Michel pour réintégrer finalement le peloton. Jean Michel a réussi à se calmer et décide de réintégrer les forces encore vives de la TSF. C’est vrai que c’est dur de regarder les autres pédaler quand on est soi-même dans la camionnette à ne pas pouvoir pédaler. Je l’apprendrais personnellement à mes dépends dès le lendemain. Son retour est un soulagement pour tous. Nous n’aurions pas aimé que cela se termine sur un coup de tête comme ça ! Tous s’en félicite.

Rapidement, nous nous trouvons au pied du col d’ agnès  km84. Montée très irrégulière qui en a surpris plus d’un par ses difficultés momentanées et ses forts pourcentages soudain. Heureusement ce col n’est long que de 4km. On le passe finalement sans trop de misère.

 

 

 

Puis nous passons sur le versant du col de Lattrape. Comme pour le col d’Agnès, cette montée est irrégulière et présente par moment des pentes assez élevées. Les kilomètres s’engrangeant, il faut avouer que cela commence à tirer sur les pattes.

 

 

 Au sommet nous avons parcouru plus de 100 km déjà. Dimitri et Jacques décident de mettre la flèche en haut du col. Demain une grosse étape nous attend. Fred, lui, prend le volant de la camionnette, car Charly a le vent en poupe et aimerait bien se tenter sur la fin de l’étape.

 Charly part devant sans attendre personne.

22 km d’une douce descente nous attend pour traverser la splendide vallée d’Ustou. Là le temps se couvre brusquement. Le plafond est descendu, et les gros nuages noirs s’installent et s’accrochent aux massifs avoisinants. Nous enquillons sans aucun répit sur le " col de la Core " .

Début de montée très soutenu de Mario, Seb, Jean Mi, et Will qui tente de revenir sur Charly.

Mais le rythme que l’on s’impose est très élevé déjà. Les fréquences de pédalage et cardiaques sont très hautes. Mario est le premier à " sauter ". Le ciel, quant à lui, qui est de plus en plus menaçant, nous fait l’honneur de ses premières gouttes d’eau. En fait le ciel n’est plus menaçant, il devient agressif et la pluie commence à tomber drue et froide. Quelques lacets plus hauts, nous commençons à apercevoir Charly.

  Juste avant que la pluie glaciale ne fasse son apparition, on s’est mis à " la planche " pour tenter de rentrer sur Charly. Peine perdue ! Notre lapin court devant nous, accroché à la camionnette. Et POURTANT ! Seb et Jean Michel qui n’amuse pas le terrain, ne rentrerons jamais. Le lascard se ventera plus tard d’être monté sur la " plaque ". Facile ! 

 

Nous voyons bien vite que le lascar ne monte pas à une allure qu’il devrait avoir ! En fait il est accroché à la remorque avec le consentement de Fred, le chauffeur du véhicule. Il est clair qu’à ce régime, nous ne rentrerons jamais sur Charlot. A force de changement de rythme pour tenter la jonction de retour, Wilfrid saute à son tour. La pluie de plus en plus froide et pénétrante glace chacun de nous, et c’est bien péniblement que tous les coureurs, encore en lisse, passent le sommet du " col de la Core " .

 Mario aura souffert comme tout le monde sous la pluie glaciale dans le haut du col de la Core. Une montée rapide au pied du col l’aura peut être rejeter vers l’arrière plus tôt qu’il ne l’aurait espérer. En tout cas, c’est de la graine de guerrier notre Super Mario. Comme on les aime à la TSF. Toujours au combat et jamais battu. BRAVO grandissimo Mario…

Nous venons de parcourir 134 km. Je monte dans la camionnette. Mon étape s’arrête là ! Je suis transi de froid. Et mes articulations me font mal.

Regroupement. Au moment de repartir, nous nous apercevons que Charly ne nous avait pas attendu… Connaît il le chemin ? Avait il sur lui la fiche plastifiée de l’étape où se trouvait les coordonnées du gîte du soir ? Autant de question auxquelles nous étions tous certains de la réponse. Une longue et dernière descente groupée de 15 km environ nous mènera à Castillon en Couserans, ou plus exactement à " Arrien en Bethmale ", fin de notre étape km147

Virage sur la gauche pour accéder au gîte, et encore un terrible montée avec plusieurs " patates ". Mais le gîte est de toute beauté. Dommage qu’il fasse mauvais, la piscine aurait bien fait l’objet d’un " plouf " collégial dans des conditions plus clémentes. Comme de bien entendu, notre Charly n’est pas là. Fallait s’y attendre. Nous déchargeons rapidement les affaires et nous installons rapidement. La chambre est quelque peu exiguë, et ca va être la galère pour sécher les vêtements mouillés de la journée. Tant pis faudra s’adapter. Et c’est encore Fred, toujours prêt à prendre des initiatives, qui prend les commandes de la camionnette et descend avec Jacques en ville vers Castillon, dans l’espoir de retrouver notre Charly, sur la route, sur un trottoir, " à la gendarmerie ", au cachot peut être ? Quel " Blaireau " notre trèfle à quatre feuilles ! ! ! hihihihihi …

 Au gîte ça s’active, séance douche, tentative de séchage du linge détrempé, préparation des affaires du lendemain, nettoyage, vérification, bricolage et réglage des vélos qui en on bien besoin. Premier changement de patins de freins pour Sébastien… Ce début de soirée avait un goût de " faut y aller, faut l’faire, mais … " mais le cœur n’y était pas. C’est vrai que l’on se serait bien passé de la rincée glaciale et pénétrante de la fin d’après midi.

Fred, Jacques, et papy clairon nous reviennent enfin. Les explications de Fred sur la recherche du rescapé détendent l’atmosphère. Quand on connaît Charly, cet homme d’un certain âge (pour ne pas dire d’un âge certain hihihi), très sûr de lui, qui a tout fait, la guerre, participé à l’explosion et l’avènement du chemin de fer sur nos belles routes de France et qui a peut être même été sur la lune en stage de vélo avec la " Française des Jeux " et les frères Madiot, eh bien quand on connaît cet homme et que Fred nous décrit leurs retrouvailles sur un coin de route de Castillon en Couserans, tel que :

 

 

 " un cocker tout mouillé ayant retrouvé ses maîtres, la tête en bas, les oreilles ballantes, les yeux regardants fixement le sol, sans dire mot et tenu en laisse par un enfant de 12 ans " ,

 eh bien croyez moi que l’atmosphère s’est brutalement mis à la franche rigolade. Alors bien sûr que l’ours s’est débattu avant de rendre les armes, toutes les plus mauvaises excuses du monde y sont passées, mais il a fini en fin de soirée par admettre que " peut être " il s’était trompé et qu’il avait manqué de vigilance. Pour la petite histoire, et pour répondre au pari que l’on s’était fait à son sujet lorsqu’il est monté sur son vélo : NON il n’avait pas sur lui la fiche du parcours et donc ni le parcours ni les coordonnées du gîte du soir.

Repas du soir gastronomique servi par les propriétaire du gîte, spécialités locales, présence exceptionnelle (mais attendu) de " Bacchus " (vin à volonté) et " zygomatiques " de rigueur. Après des journées comme celle ci, cela fait le plus grand bien à tout le monde. Bien sûr nous avons tous beaucoup rigolé sur les mésaventures de Jacques le matin et surtout celle de Charly en fin d’après midi. C’est que les marquages au sol indiquant le OUI ou NON à la réinsertion des ours dans les Pyrénées commencent à se multiplier sur les routes. Faudrait pas que l’on perdre l’un d’entre nous dans un coin et qu’il se fasse " bouffer " par un ours. Que dirait on à ses proches ?

 

 

Les prévisions météo pour le lendemain ne sont guère encourageantes. Quand on sait la terrible étape qui nous attend demain!

Compex, boules chinoises, odeur de camphre et autres huiles légères, crème massante : ambiance cycliste ça c’est certain on ne peut pas se tromper.

Demain sera un autre jour à marquer sur les tablettes :

Portet d’Aspet, col de Mente, col de Peyresourde, col d’Aspin, et enfin monsieur le col du Tourmalet

Après la récupération des muscles, tentative de récupération des esprits …

Dodo … Morphée

Mardi 23 mai 2006 :3ème étape : Castillon en Couserans … Luz Saint Sauveur

159 km et 4259 mètres de dénivelé positif

 

 

Et bien voilà ! nous y sommes cette fois ci.

C’est L’ETAPE de notre raid …

La grande et terrible étape.

Celle que tout le monde attend et redoute, celle que tout le monde espère affronter tel le défi à ne pas manquer, celle dont on parle depuis des semaines, que tous se sont jurés d’effectuer dans son intégralité, enfin l’étape à ne pas manquer.

L’étape de rêve …

Et pourtant … 

Le réveil est plus pénible que les jours précédents. Les muscles sont endoloris, et la fatigue, signe d’une récupération ralentie, se fait sentir. Normal : c’est notre troisième jour de vélo et en général celui où les efforts consentis les jours auparavant se traduisent par une fatigue musculaire et mentale accrue. On tente de se ressourcer, mais le temps à l’extérieur n’a fait que se dégrader. Ce n’est pas pour remonter le moral des troupes. Certes il ne pleut pas, mais le sol détrempé est la preuve d’une averse récente.

Petit déjeuner copieux, et ça c’est bien, car la journée s’annonce longue et pénible. A table, la discussion s’articule essentiellement autour des difficultés de l’étape, des enchaînement de cols, enfin de ce qui nous attend dans la journée.

On fait le point sur les forces en présence, et là " ô surprise ". La fatigue, la pluie, les difficultés du parcours etc … font que certains prennent l’option de partir dans la camionnette dans l’espoir de pouvoir faire la fin de l’étape pour passer le terrible mais mythique col du Tourmalet. En ce qui me concerne, je passerais à mon grand désespoir la journée complète dans la camionnette car la pluie glaciale de la veille dans le col de la Core m’a déclenché quelques problèmes articulaires. La mort dans l’âme je ne partirais donc pas avec les copains. Il reste encore de belles étapes. Il est plus sage de faire ainsi.

Les forces au départ de Castillon en Couserans sont les suivantes (écoutez bien, il va falloir suivre. Le balai des va et vient va être incessant !) . Quatre mousquetaires qui y croient au départ du gîte :

Jean Michel (qui sera celui qui ira le plus loin dans l’objectif de la journée), Sébastien, Super Mario, et Patrick. Dans la camionnette " Pezza-Cardo " le reste : Charly, Fred, Dimitri, Jacques et moi même Wilfrid.

Le groupe démarre sous un ciel menaçant, mais sans pluie dans un premier temps. Groupés et soudés, décidés à en découdre, nos quatre gaillards engrangent les km. Succession de plat et de petites montées jusqu’à St Lary nous permet l’accès du Portet d’Aspet. Montée collégiale au train. 4 km relativement faciles sans gros pourcentage, puis les 2 derniers plus difficiles avec des passages approchant, dépassant même les 10%.

 

 

  Le sommet est en vue. OUF. Ca fait du bien. Nous venons de passer en Haute Garonne. Sébastien, comme il le fera tout au long de la journée aujourd’hui, a décidé de se substituer à toutes les descentes. Les descentes sur le sol humide ne sont pas sa tasse de thé ! Balais incessants …

Petit regroupement et nous nous jetons dans la descente célèbrement dangereuse du Portet d’Aspet. Par ce coté là, c’est une descente très technique, semée d’embûches, bordée de blocs de pierres, où les virages serrés et les passages à 17% se succèdent sans répit. L’attention est d’autant plus grande que la route est mouillée et requière toute la vigilance de nos descendeurs.

Là un arrêt s’impose … 

  

   Nous nous recueillons devant la stèle érigée au nom de Fabio Casartelli, mort sur les routes du Tour de France le 17 juillet 1995.

Souvenirs et images mythiques d’un jeune et prometteur champion italien mort en direct sur les télévisions françaises… Emotions …

 

            L’émotion se lit sur les visages. Ici Jacques et Jean Michel.

Pas de commentaires. L’image parle d’elle même …

Photos souvenirs également et nous repartons. Ce n’est pas le moment d’attraper du mal ! En bas de la descente, on tourne à droite (Sébastien est remonté sur son vélo) et on attaque directement le col de Mente.

 Ce col est agréable malgré sa difficulté (6.5% moyen mais quelques portions à 10.5%). Il est long de 10 km et présente la particularité d’avoir un revêtement parfait, ce qui n’est pas pour déplaire aux jambes endolories de nos 4 courageux. Si la montée se fait " groupire " sur les 2 premiers tiers, les forts pourcentages du haut font tout naturellement exploser le groupe.

Ici dans l'ordre d'arrivée en haut du col de Mente, Jean Mi et Sébastien

En haut du Mente, ici c'est super Mario qui en termine.

Regroupement général, état des troupes, ravitaillement et projet de départ dans la vallée…

Descente acrobatique et agréable sur une portion routière enfin sèche. Ce sera la seule de la journée ! Virages enchaînés rapidement, nos 4 compères se lâchent et prennent enfin du plaisir. Arrêt de la camionnette à Saint Béat. Ravitaillement pour ceux qui en ont besoin, récupération des coupe vents et autres gants d’hiver. Sébastien remonte sur son vélo et Dimitri se met en piste. Patrick est à deux doigts de descendre, mais il continue comme pour accompagner au courage ses copains d’aventure encore et encore un peu plus loin.

 

 

 On sort donc de St Béat pour s’engager sur une route légèrement vallonnée pendant 4 km. Le regroupement s’effectue sauf pour Dimitri qui a décidé de prendre un peu d’avance en prévision des difficultés à venir. Dimitri devant donc et derrière notre " peloton " de guerriers comprenant Jean Michel, Sébastien, Super Mario et Patrick. Un virage à gauche et on commence la longue montée vers Bagnères de Luchon, longue de 16 km avec ses 4% moyen. Cassant, usant, pas de répit, c’est le mental et bien sur le courage qui commence à parler. Et pourtant nous venons à peine de dépasser les 50 km dans cette étape ! Quelle galère ! Mais jusqu’où vont ils aller ?

La camionnette, après avoir donné ses encouragements aux membres des deux groupes, fonce vers Bagnères de Luchon. Après un savant calcul de " on y va, on n’y va pas, et si on part maintenant on va basculer devant eux, oui, non, combien de minutes d’avance et oui et non … ", c’est le oui qui l’emporte. Fred et Jacques ont pris la décision de partir du pied du col du Peyresourde 

 

 

Ils partent derrière Dimitri qui, avec son avance confortable, va même réussir à passer en tête en haut du col.

Bel exploit et beau calcul ma foi. Il en sera de même pour Jacques et Fred qui, tout comme Dimitri, partiront devant le groupe " Jean Michel " dans la descente, car ils espèrent pouvoir commencer la montée du col d’Aspin devant celui ci. Il faut dire que cette montée du Peyresourde aura été terrible par le froid qui a fait son apparition et surtout par la pluie qui va accompagner maintenant les coureurs jusqu’à la fin de l’étape.

 Jean Michel et Mario dans le " Peyresourde ". Jean Mi aura marqué le respect dans cette étape. Là, il est encore frais et dans la plénitude de son potentiel physique et mental. Son sourire et son regard en disent long sur sa volonté de mener à bien le défi qu’il s’est fixé. Mais il reste 80 bornes à effectuer à ce moment précis du récit dans des conditions climatiques épouvantables. Aspin, Tourmalet, la Mongie … encore… RESPECT ! ! !

Ici, toujours dans le Peyresourde, le froid, la pluie, Tintin notre guerrier de service monte l'exemple au courage

En haut du col, la température avoisine les 3°et, là, personne n’attend plus personne maintenant. C’est vitale pour la survie ! Jacques et Fred partent finalement en tête de nos différents groupes. Puis Dimitri (qui se ravitaille et prend ses vêtements d’hiver) concède quelques petites minutes au groupe Jacques et Fred parti devant, et précède de 8 mn environ encore le groupe Jean Jean.

Jean Mi se couvre et se ravitaille. Il semble souffrir d’un début de fringale. Je lui donne de quoi se restaurer. Il se jette ensuite dans la pente. Sébastien, lui, monte dans le " bus à impérial ", évitant la descente. Patrick et Super Mario font comme Jean Michel : ravitaillement, protections vestimentaires et se lancent dans la descente.

Mais qu’elle fut fatale pour tout le monde cette descente. Non pas qu’elle est dangereuse. Non ! Malgré le sol détrempé et une chaussée glissante, les coureurs de la TSF sont maintenant aguerris à ce genre de situation et font attention. Mais c’est le froid terrible et congestionnant du vent et de la pluie glacée, qui transit tout le corps de nos courageux maintenant. Les doigts ne répondent plus. Les bras, puis les jambes et enfin tout le corps se mettent à trembler. Décidément cette étape devait être dantesque. Elle fut apocalyptique. Nous fonçons moi et Charly vers Arreau pour être présent lors du passage de chacun.

passage à Arreau du groupe Seb, Super Mario et Jean Michel

Dimitri, le premier, décide de faire peau neuve et arrête l’étape. Comme les autres il est transis de froid. Fred, lui, s’est fixé l’objectif d’aller au bout. Il prend des gants chauds et secs et repart en tête de notre escadrille avec une volonté d’enfer. Il en est de même pour notre valeureux Jacques, qui emboîte à quelques encablures " El Grande Fredérico ". Sébastien remonte sur son vélo encore une fois (ce sera la dernière de la journée), Super Mario écoute mes conseils et s’arrête également. Il porte sur le visage les traits et les stigmates de quelqu’un qui vient de souffrir au plus profond de lui même. Il tremble de partout. La mort dans l’âme, il s’arrête également.

Puis finalement c’est au tour de Patrick un peu plus loin, de mettre la flèche pour les mêmes raisons.  TROP c'est TROP !!!

C’est une hécatombe ! J’ai mal pour eux. Je fixe les vélos sur la remorque, je leur donne des vêtements secs et chauds, leur propose ravitaillement, manger, à boire, j’essaye, je tente de leur donner un peu de réconfort … Je ne sais vraiment plus quoi faire. Sensations terribles d’impuissance … Nous venons tout juste d’atteindre les 100km. Mine de rien, il reste encore 59 km avant Luz saint Sauveur, notre ville étape de ce soir. La pluie redouble d’ardeur comme pour tester encore et encore les trois derniers survivants de cette étape. La température extérieure est glaciale. Du camion cela semble devenir inhumain. On aimerait que tout s’arrête et cesse pour ceux qui sont encore sur leur vélo. Mais le " show " continu, car s’en est un ! Montée du col d’Aspin, un col qui semble ne pas être trop difficile avec ses 6% moyen. Mais qu’est ce que la difficulté dans des conditions pareilles ? Fred, d’abord,

 

 

  

 

 

Fred, avec un coup de chausson qu'on ne lui connait pas, est entrain d'avaler le col d'Aspin

 puis Jacques (sacré lascar celui là aussi), puis Jean Michel et Sébastien passent détrempés, emmitouflés, transis de froid malgré l’effort, les traits tirés, avec pour objectif insoupçonné de réussir le défi.

 En fait, à ce stade de l’étape, seul Jean Michel est en passe de réalisé l’ EXPLOIT.

 

 

  

 Il est le seul à avoir parcouru la totalité de la distance depuis ce matin, et ce, malgré les éléments. Fred et Jacques sont carrément étonnants, se dépassant sans compter dans ce final de folie, et gravissent ce col avec une ténacité et une hargne insoupçonnée. Pour Fred : que de différence avec le Fred des Alpes ! Il est mentalement beaucoup plus fort. Au sommet du col, un arrêt à peine perceptible, un ravitaillement furtif, et le voilà entrain de tenter la réalisation de ce qui était son objectif inavoué : passer le terrible et mythique col du Tourmalet.

Derrière Jacques arrive, puis Jean Michel et Sébastien. C’est l’heure des décisions. Le mental et l’expérience va maintenant parler. Jean Michel et Jacques se restaurent, vêtus de gants d’hiver et de leurs goretex bien identifiables et se lancent dans la descente vers Sainte Marie de Campans. Sébastien, lui , décide de ne pas faire la descente et monte une fois encore dans la camionnette. Ce coup ci, cela lui sera fatale. Il ne se remettra plus sur son vélo aujourd’hui. Dans le haut de ce col, Dimitri et Tintin mettent la flèche transis par les intempéries, bouffer par la fringale et le manque de forces ... Respect les gars , respect… Vraiment !

13 km de descente dans le froid et sous la pluie, on se demande où va s’arrêter le courage de Fred, Jean Michel et Jacques un peu plus à l’arrière. Dans la camionnette le manque de visibilité montre que le plafond nuageux est nettement descendu. Cela n’augure rien de bon pour le Tourmalet et la Mongie. Changement de direction.

A Sainte Marie de Campans, à gauche toute et nous voici à l’heure du verdict. Les panneaux indiquent le sommet du col du Tourmalet à 17 km. Une montée dantesque, de folie, de souffrance, d’abnégation, de courage, de mal, de bien, de découragement, de remise en cause enfin un mélange de tout ce que l’on peut ressentir sur un vélo dans des moments pareils. 17 km pour monter à 2115 mètres, un pourcentage moyen de 7.5% et des passages hallucinants et incroyables dans la Mongie entre 12 et 13.5%.

La pluie du bas commence à se transformer. La neige fondue claque sur le pare brise. Nous naviguons entre Jacques, Jean Michel et Fred pour les aider moralement mais on ne peut rien faire sinon les encourager. En plus du relief, le vent à dominante ouest, gène considérablement nos coureurs qui n’ont vraiment pas besoin de cela ! Leurs efforts marquent vraiment le respect. Plus on monte, moins on parle dans le " bus ". Les conditions deviennent insoutenables. La neige tombe maintenant drue et on rentre dans les nuages qui nous cachent complètement la vue et le paysage. Les cotés de la route se blanchissent très rapidement par la neige qui s’accumule. La température est proche de 0°. On entre dans la Mongie très soudainement. Les nuages denses nous ont caché les immeubles que l’on voit à plusieurs km et de loin par beau temps (pas très élégants d’ailleurs dans un décor de montagne). Si l’effort est total pour nos trois fous pédalants, le silence est d’or dans la camionnette. On ne sait plus quoi dire. Jacques est comme perdu dans les nuages, le regard dans le vide. La neige qui commence à tomber et tenir au sol semble le désorienter. Jean Michel, lui, est comme scotché à la paroi. Il fait la grimace, c’est impressionnant. Il est dans un état second. Quoi de plus normal après ce qu’il vient de déployer comme efforts et d’encaisser comme conditions climatiques depuis ce matin. Fred, lui, est incroyable. On le retrouve à la sortie de la Mongie se bagarrant avec sa machine d’un coup de pédale heurté mais efficace, et avec un déhanchement qui en dit long. Il se bat comme un bougre le coureur venu du plat parisien.

Enfin nous arrivons au sommet du Tourmalet où la neige tombe vraiment fort. Température extérieur 0°. La route commence vraiment à devenir dangereuse. Nous nous accrochons à un nuage, pris entre ciel et terre, devinant le vide à droite et ce qui reste de la route à gauche, en attendant avec impatience Fred.

C’est fou ce que l’on peut se sentir seul dans des moments pareils. L’impression bizarre d’être nul part, accroché à un piton rocheux et de vivre une solitude absolue! J'ai pensé très fort à ce moment précis à nos amis montagnards qui font des raids seuls ou à deux et qui régulièrement doivent ressentir ce genre de solitude. Il faut être fort mentalement. Fred arrive. Il crie sa joie d’avoir vaincu… C’est beau à voir…

  Fred dans la tourmente du TOURMALET. La manière avec laquelle il a géré cette étape est exemplaire. C’est un cas d’école. Cette photo est vraiment à l’image de ce qu’aura été la transpyrénées pour Fred, avec l’objectif permanent de prouver aux autres et surtout de se prouver qu’il était capable de passer la montagne avec brio. OBJECTIF ATTEINT !

Il a le poing levé vers le ciel. Je l’aide à descendre de son vélo. Etonnant, la première chose qu’il va me demander est de prendre une photo de lui sous la stèle mythique de Jacques Godet. A la surprise générale, il demande ensuite ses gants d’hiver et un coupe vent, boit un petit coup et s’engage dans la descente sans attendre Jean Michel. On ne s’attendait pas à cette réaction. Faut dire qu’il fait extrêmement froid. On le supplie de faire très attention car les routes sont devenues glissantes et très dangereuses. Mais on essaye de se rassurer en se disant que Fred est un très bon descendeur.

Il donne quelques coups de pédales, prend le premier lacet à 10m de nous, et disparaît sous nos yeux, comme happé par les nuages et dans l’enfer qui lui ouvre ses portes.

Peu de temps après, c’est au tour de Jean Michel de vaincre le Tourmalet. C’est une véritable délivrance pour lui. Le pauvre est vraiment " déchiré " comme on dit dans le jargon. Il n’en peut plus. Ses traits sont tirés, son corps comme frigorifié. C’est à peine s’il peut ouvrir la bouche pour nous dire qu’il en arrête là, au sommet de ce col qui l’aura obligé à aller bout et au plus profond de lui même. Il ne se sent plus assez lucide pour attaquer cette descente rendue extrêmement dangereuse et glissante par la neige. Ses mains congelées ne répondent plus. C’est décidé, il monte dans le camion. Bravo Jean Michel d’avoir su dire au bon moment : " là s’en est de trop ".

Il part s’abriter, se changer et se mettre au sec, tandis que je fixe son vélo sur la remorque. A peine 6 mn derrière, Jacques nous apparaît marqué, livide, mais très soulagé de cesser cette effort qu’il viens d’accomplir. Jacques s’arrête ! Quel exploit aussi! Bravo l’ancien! Il entre dans la camionnette se changer, pendant que je fixe son vélo.

Nous sommes désarmé devant leurs désarrois communs. On essaye d’être à leur écoute, à leur demande … on se sent IMPUISSANT !

On repart… La descente du haut du col se fait sous la neige et dans les nuages. Nous sommes pressés de retrouver Fred. Nous sommes inquiets. Il est seul. L’état de la route nous oblige à faire une descente prudente. Nous sommes tous dans la camionnette et il ne faudrait pas que le pire nous arrive … Enfin, après quelques km, la neige cesse doucement, les nuages semblent nous quitter par le haut comme accrochés au sommet. La vue se dégage. Mais toujours pas de Fred. Nous passons Barèges. Luz saint Sauveur n’est plus bien loin. Nous espérons tous fort qu’il est arrivé avant nous. Luz… Virage, gauche, droite et … le gîte est devant nous. Posé contre le mur de notre " refuge ", on distingue nettement le vélo de Fred. C’est un soulagement général. Nous sommes tous là. Et quelque part c’est bien cela l’essentiel après cette étape de folie !

Le gîte tout neuf, nous accueille les bras ouvert avec un confort de tout premier ordre que chacun de nous apprécie et va mettre à profit. Quel bonheur ! Repos, détente, récupération, mais également séchage et nettoyage de vêtements, vérification des vélos. On a beaucoup de place et l’accueil des propriétaires est formidable. Les chambres sont grandes. On s’y retrouve par deux ou trois ce qui permet une meilleure récupération que la veille. Et il va y en avoir besoin. Demain on recommence …

18h20, nous descendons en ville pour nous restaurer. Pour manger devinez quoi ? Des pastas ! Repas convivial, parties de rigolade, anecdotes du jour, et résumé d’étape au coin de la table …Les yeux brillent, et on sent bien que chacun est content d’avoir participer à la performance générale.

On entre au gîte, où l’on nous promet une meilleure météo pour le lendemain. Les sourires reviennent sur les visages car visiblement peu sont prêts à recommencer la même histoire, tellement ce fut dur !

Pour résumer l’étape et pour reprendre la phrase de Super Mario :

      " … Dantesque cette journée et elle le fut! Mais ce fut un défi apocalyptique où il aura fallu la somme des efforts de chacun pour arriver à bout de cette étape dans la totalité de sa distance et de sa difficulté… "

   

Séance récup … compex … boules chinoises … dodo…

Rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr …………………………

 

La "rédac"

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus